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 Minouche

 

 

 

 

Accueil *** Mosta

Cette borne représente une énigme qui m'a longtemps taraudé l'esprit!! Et quand je dis longtemps, je parle des années 70... Cette inscription sur une borne en ciment, vers Béthioua, sur l'axe Oran-Mosta, existe depuis une trentaine d'années, et à chaque fois que je passe devant, j'imagine un scénario différent: "Qui a écrit ça?" " A qui s'adressent ces 2 mots?" Que sont devenus le graffiteur et Minouche?".

Je suis sûr que depuis qu'elle existe, cette inscription a fait rêver bon nombre de passagers, d'amoureux ou de curieux, qui ont très certainement mis en scène un scénario "interne"...

Peut-être que maintenant que c'est médiatisé, quelqu'un est en mesure de me donner une réponse.

Je suis certain qu'il s'agit d'un amoureux éconduit par Minouche, il n'y a qu'à voir le coeur transpercé par une flèche un peu plus bas !

Quant à toi, Minouche, si tu lis ces quelques mots, tu peux te manifester et m'expliquer ce qui a dû être une magnifique histoire d'amour avant le clash...

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Minouche, pourquoi ?

La rumeur est véhiculée par un chergui bien de chez nous… Que sont devenus les protagonistes de Minouche ?

J’ai reçu un tas de courrier d’horizons divers, et chacun d’entre-eux me donnait une version différente…

Première version :

« J’étais peintre à Mazouna et je suis tombé amoureux fou de Minouche qui vivait à Tirigo …Je l’avais rencontré dans l’entreprise qui m’employait à Oran ; elle travaillait comme cuisinière dans l’entreprise. Au bout de quelques mois, j’ai décidé de venir vivre avec elle, j’ai loué un camion, j’y ai mis tout ce que je possédais et je suis arrivé à Tirigo…Le temps de boire un café avec elle, il n’y avait plus rien dehors : ni camion, ni meubles ! Le temps de faire un aller-retour au commissariat, et il n’y avait plus de Minouche ! Depuis les années 70, je vis reclus à Mazouna, en écrivant Minouche sur tous les galets des rivières desséchées de la région…Je viens de finir mon galet No 198.156… »

Deuxième version :

C’est celle d’un ami de Mostaganem, qui avait vécu une idylle de feu avec Minouche , jusqu’au jour ou il nous annonça :

« -J’ai quitté Minouche ! ».

Le temps a passé et deux décennies plus tard, la vérité est arrivée, comme Zorro : sans se presser…C’est Minouche qui avait largué notre gonze et celui-ci est allé se bourrer la gueule dans un quelconque bouge avant de foncer sur Mostaganem… Arrivé à mi-chemin, avant Béthioua, il s’est endormi au volant, en essayant de convaincre sa voiture qu’elle pouvait rentrer seule…cette dernière, peu convaincue, préféra faire des tonneaux au grand air…C’est en sortant à quatre pattes par le pare-brise, que notre Botozo aperçut la borne blanche devant lui et qu ‘il décida de plonger sa main dans le pot de peinture qui dégoulinait de son coffre…Il traça sur le béton ces mots magiques qui resteront pour l’éternité…Minouche, pourquoi ?…

Troisième version :

Celle d’un gars qui travaillait au GNL2 et qui était amoureux d’une belle brune qui travaillait, elle, avec les Japonais de la JGC Corporation…C’était déjà l’époque de l’amour virtuel ; il passait tous les jours avec le transport du personnel, et il la voyait debout devant l’arrêt du bus, espérant la voir monter à chaque fois…Mais c’est la Toyota Japonaise qui la ramassait pour la déposer chez elle, à Saint Hubert, derrière le cours de tennis…Il finit tellement par focaliser sur cet amour insaisissable qu’il instaura ses règles dans le bus : au niveau de l’arrêt, tous les passagers du bus tournaient la tête de l’autre côté de la route, par respect pour notre ami…

Elle a fini par le « quitter », sans jamais avoir entendu parler de lui…

Ivre de douleur, il s’en alla à la Fontaine des Gazelles et demanda un pack de Malta pour éteindre le feu qui le brûlait…Ses potes, un brin farceurs, remplaçèrent la Malta par de la BAO locale…Au bout d’un hectolitre de houblon, notre ami imbibé comme une éponge Guatémaltèque fut ramené chez lui ; en cours de route, au niveau de la fameuse borne en béton, il fut pris d’une grosse envie de gerber au clair de lune…C’est en se retrouvant à quatre-pattes devant ce mur des lamentations, qu’il eut l’idée lumineuse d’y inscrire « Minouche, pourqoui ? »!

Dessaoulé le lendemain, il revint avec son pinceau et son pot de peinture pour y apposer sa déchirante plainte…

Pour ma part, je préfère laisser errer mon imagination …

J’ai maintes fois imaginé des scenarii de toutes sortes…

Que sont-ils devenus ? Je les vois en 2005…

1-Minouche est devenue un cadre important de l’UGTA et notre graffiteur est devenu un roi du trabendo. On est loin du sentimentalisme et du romantisme des années 70 ! L’innocence n’a aucun créneau dans ces 2 mondes impitoyables…

2-Minouche est devenue star internationale sous le pseudo de Cesaria Evora et notre bombeur est devenu producteur de raï à Oued el Fodda. Il prépare un mégaconcert de la star à Ouled Mimoun pour 2006, et cela sera l’occasion de réunir ces 2 destins dans une passion commune, la musique…Pour l’occasion, Césaria-Minouche chantera pour son amour périmé la fameuse chanson Cap Verdienne : « Ou ti kouch a minouche »…

3-Le peintre s’est perdu dans le maquis de ses idées confuses, il erre dans sa tête depuis plus de 3 décennies, suivant les plus improbables courants qui ont traversé notre société durant cette période (il a été chauffeur de salle dans les meetings de Chérif Messaadia, song-writer pour Driassa, membre de la Kasma de Ghriss, entraineur de foot, pizzaiolo, maquignon, barbu, rasé, hittiste, et pour finir Sidi Chahmiste…). Il pointe une fois par semaine au service de neurologie où il est suivi depuis plus de 10 ans par le docteur…Minouche…

Autant en emporte le Chergui…

A toi cher internaute, de Vladivostock à Aïn Ouessera, de me fournir tes délires pour faire un feuilleton inépuisable…

 

 

Music:  "Friends in low places" by Garth Brooks

 

 

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